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Le paresseux (perezoso en espagnol)

8 aout 2018.

Cet animal est un des plus anciens mammifères du monde (60 millions d’années environ). La découverte des restes de paresseux terrestres géants dans des cavernes laisse supposer que les derniers furent exterminés par les premiers hommes et certains autres, encore plus imposant (6 mètres de long et plus de 3 tonnes) se sont éteints sans laisser de descendance.

La famille ne comporte aujourd’hui plus que deux espèces de petits paresseux à deux doigts et trois espèces de paresseux à trois doigts, parmi lesquelles figure le paresseux à gorge brune (le plus répandu au Costa Rica).
Le paresseux à trois doigts (4 kg environ) change quatre fois moins souvent d’arbre que son cousin à deux doigts (4 à 8 kilos). Ils vivent seuls (sauf durant la période de reproduction) et passent quatorze heures sur vingt-quatre à se reposer. Son maximum d’activité (n’oubliez pas qu’il bouge très lentement et le moins possible) se situe autour de minuit et le minimum à l’aube.

Le paresseux est végétarien, avant tout mangeur de feuilles. S’agissant là d’un aliment de faible valeur nutritive, il doit en ingérer de grandes quantités pour subvenir à ses besoins, qui sont, en soi, pourtant modestes. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on ne le rencontre que dans des régions de forêts tropicales, seules capables de lui fournir une alimentation en abondance à longueur d’année.

Ne descendant à terre que pour y faire ses excréments (maximum une fois par semaine), sa position normale est d’être suspendu par les quatre pattes et il ne se met sur le ventre que très rarement, lorsque, à terre, il rampe péniblement et se traîne, en tirant son corps avec ses pattes.

Pour tirer leur énergie d’aliments pourtant très pauvres, les paresseux ont une digestion très lente, qui rappelle celle des ruminants. Leur estomac volumineux comprend plusieurs chambres, dans lesquelles a lieu la fermentation des plantes. Mais la vitesse à laquelle les feuilles présentes dans l’estomac du paresseux sont peu à peu assimilées est très faible : on estime que 0,2 à 13,4 % seulement du contenu stomacal est digéré chaque jour. Cela dépend des espèces végétales consommées et de leur fréquence dans l’alimentation de chacun. Le paresseux digère plus vite les plantes dont il a l’habitude de se nourrir.

Au cours d’une expérience, deux savants avaient fait avaler de petits grains colorés à un paresseux : au bout de vingt-six jours, ils n’en avaient pas encore récupéré la moitié !

Si les paresseux ont un régime varié, chaque animal pris individuellement a des habitudes alimentaires beaucoup plus restrictives. Pendant les six premiers mois de sa vie, le paresseux forme ses propres goûts, essentiellement influencés par l’exemple de sa mère, et acquiert une adaptation digestive correspondante : les micro-organismes de son tube digestif vont si bien se spécialiser qu’il lui deviendra difficile de changer d’aliments. Un paresseux peut mourir de faim, l’estomac plein, s’il n’est pas habitué à digérer les aliments qu’il a mangés !

Lors de la naissance d’un bébé paresseux à gorge claire, la mère saisit son nouveau-né pour le placer sur sa poitrine, où se trouve une paire de mamelles. L’allaitement ne dure que de 3 à 4 semaines. Mais le jeune continue à se faire porter pendant encore 5 mois. Tout petit, il se tient sur le ventre de sa mère, comme dans un hamac. Puis il s’accroche à son dos.

La croissance du jeune est assez longue ce qui lui permet d’apprendre à se nourrir des mêmes espèces végétales que sa mère. À environ 6 mois, elle l’abandonne dans un secteur de son domaine vital, là où elle l’a élevé. Jusque vers 1 an, il va rester sur cet espace, proche de sa mère, avec laquelle il maintient encore un contact auditif. Puis il part de lui-même s’installer sur son propre domaine, où il mènera sa vie d’adulte solitaire.

Généralement silencieux, les paresseux émettent cependant des sifflements aigus avec leurs narines pour défendre leur territoire, appeler un partenaire pour la reproduction ou maintenir les liens mère-petit.
La tête de l’animal est extrêmement mobile autour de l’axe longitudinal du corps, et elle peut tourner de 90°, à droite comme à gauche.

Enfin, les paresseux savent parfaitement nager.

Le pelage du paresseux, long, rêche et peu entretenu (peut-être par souci d’économie de gestes), recèle une flore et une faune d’une richesse longtemps insoupçonnée. La structure des poils, ainsi que l’humidité ambiante permettent l’installation d’une microflore d’algues unicellulaires qui améliorent le camouflage et servent aussi de nourriture à d’innombrables insectes et acariens.

Il faut noter à ce propos l’absence de puces chez le paresseux, qui, ne faisant pas de nid, n’a pu être colonisé par ces parasites qui ont toujours une phase de leur cycle dans le nid de leur hôte. Le paresseux abrite cependant ses insectes dans un système d’association qui ne lui porte aucun tort.

Explorant le pelage de paresseux, les chercheurs ont ainsi découvert qu’un seul paresseux pouvait héberger à lui seul plus de 120 papillons, près de 1 000 coléoptères et d’innombrables acariens.
Il peut vivre jusqu’à 40 ans à l’état sauvage, mais les spécimens en captivité n’ont jamais dépassé la trentaine. C’est assez étrange puisque c’est généralement l’inverse qui se passe avec les autres animaux, ils vivent plus longtemps en captivité.

Son système immunitaire est étonnamment performant. Il est capable de régénérer son organisme, même à la suite de graves blessures, sans garder la moindre séquelle, ni même la moindre cicatrice. Chair, peau et poils repoussent à l’identique, comme si rien ne s’était produit.

Diego Rica

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